Vers une symbiose des industries saisonnières
Face aux mutations climatiques, sociales et économiques, les industries saisonnières québécoises dépendent d'un territoire de plus en plus instable, fragilisant leur pérennité et celle des biorégions.
Le projet propose une architecture symbiotique capable de dépasser la simple adaptation pour agir comme un outil de régénération territoriale. Implanté au confluent des rivières Famine et Abénaquis, au cœur du bassin versant de la rivière Chaudière, le projet s'inscrit dans un paysage riche de forêts, de cours d'eau et de terres agricoles afin d'agir comme un connecteur de flux entre l'acériculture, l'apiculture, les cultures maraîchères et le tourisme. Structuré autour d'un noyau central, il capte, transforme et redistribue quatre flux essentiels : l'eau, l'énergie, les êtres vivants et les extrants.
En valorisant les entre-saisons, qui sont les moments où les cycles se croisent, le projet se base sur quatre critères de relation afin de créer ces symbioses : réutiliser, sensibiliser, partager, cohabiter et adapter. À l'hiver-printemps, la chaleur produite par l'évaporateur de l'acériculture est réutilisée pour chauffer les serres. Au printemps-été, les abeilles assurent la pollinisation des cultures et continue cette symbiose au cours du cycle annuel par les ressources, les espaces et la main-d'oeuvre qui sont partagés.
Ancré dans la topographie, le projet vise à relier les différentes altitudes et les rives afin de participer à la symbiose du territoire. Par une structure qui amplifie ces interactions visibles et flexibles à travers l'année, le projet devient un outil régénératif où l'architecture agit comme médiatrice entre les industries, révélant les interdépendances et soutenant une occupation durable, collaborative et évolutive de la biorégion.